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  • Véronique Côté

La face caché de l'anxiété

Musique suggéré pendant la lecture de ce texte : My octopus teacher by basically flying


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Je ne suis pas un expert en la matière de par une étude théorique approfondie.


Je suis simplement un être humain qui a traversé l'aridité du désert pendant plus de 10 ans. L'anxiété généralisée.


Le premier pas dans le sable chaud a été ce fameux 12 janvier 2008. Les circuits électriques de mon système neuronal ont fermé la switch à off. Sans me prévenir.


Concrètement, assise dans un cinéma devant le film "Seul au monde" mon corps a décidé de me lâcher. Il m'abandonnait, comme jadis j'avais abandonné mon coeur.


D'un seul coup, l'air ne passait plus.


Ni par le nez, ni par la bouche.

Je suffoquais sans comprendre cette force qui tenait mon corps en haleine.


Je venais, sans le savoir, de goûter à ma première crise de panique. Le feu me brulait de l'intérieur. Il me consumait des pieds à la tête et me prenait en otage.


On m'a diagnostiqué un choc anaphylactique.


Comme j'étais en état de panique interne, j'ai cessé de manger complètement. La peur de refaire une autre crise était omniprésente. L'histoire raconte que j'en ai fait plus qu'il n'en faut.


Voilà, la roue du conditionnement était en place. Inconsciente, à ce moment, de son fonctionnement, les mauvaises mémoires ont pris possession de mes cellules.


3 semaines plus tard, 35 livres bien mouillés en moins, visites en ambulances et convulsions, j'étais devenue un zombie, comme dans les films. Mes proches ne me reconnaissaient plus.


Personne ne pouvait me sauver. Mon coeur me criait de l'écouter au point de vouloir me tuer. Il voulait que je l'écoute. La base de ma connexion avec lui.


Un soir, assise dans mon lit, je sentais le souffle de ma vie quitter mon corps. Déjà 3 semaines que je ne tolérais que des petits pots pour bébé.


J'avais l'impression que j'allais m'évanouir mais, au fond de moi, une force se battait pour ne pas accepter la mort.


C'est là que ma mère est arrivée. Elle m'a prise par le bras, moi son enfant de 35 ans, et elle m'a assise sur une chaise de la cuisine. Elle a dit. Là, ça suffit. Mange.


Et elle m'a servi de la soupe poulet et nouille. Cette fameuse soupe qui sauve des milliards d'enfants d'une mort certaine à chaque froideur de l'hiver.


Les nouilles ne passaient pas mais le bouillon : Quel souvenir d'enfance. Mon corps s'est souvenu de toutes ces fois où maman me soignait de son amour.


J'ai pris conscience en février dernier que ce jour-là, ma mère m'avait réellement sauvé la vie. Ça a été long, mon estomac ne voulait plus manger. On a tous été patient. Un pas à la fois, comme un enfant.


Ensuite est venu l'aspect mental et émotionnel. Harggggg quelle souffrance. L'anxiété est une pieuvre qui agrippe ses tentacules sur chaque partie vivante de notre être.


Tous les points lumineux rouges étaient allumés. Il fallait donc affronter ses peurs une à la fois.


À cette époque,


je photographiais l'amour tous les jours alors que j'étais incapable d'aimer les plus profondes parties de mon moi.


Je sais maintenant, que je m'en voulais de ne pas être à la hauteur de mes valeurs et de mes convictions. En fait, c'est ce que je percevais. Il y avait une mémoire cachée de mon regard qui criait sa volonté de vouloir attirer mon attention et ses efforts étaient spectaculaires.


Comment vous expliquer sans vouloir entrer dans les détails. J'ai ce syndrome de l'EGO Spirituel. Vouloir être parfaite dans la mission que je me suis programmé. On va le dire comme ça.


J'avais tout dans la vie, mais une force me tenait. Une force lugubre et tentaculaire que je devais combattre.


En bref


  1. Je pouvais faire les cent pas pendant des heures, devant une fenêtre, en hiver, de peur que l'ambulance n'arrive pas à temps en cas de une crise cardiaque.

  2. J'ai fait 3 voyages en ambulance avec convulsion et intraveineuse.

  3. J'ai demandé à être hospitalisé. Ils ont refusé.

  4. J'ai passé 2 endoscopies avec la peur au ventre sans anesthésie par peur des médicaments.

  5. Une fois par semaine, ma gorge se serrait quand je mangeais et je m'étouffais.

  6. J'avais constamment l'impression de vivre avec une balle de golf dans la gorge.


Mais le pire n'était pas ce que je m'infligeais inconsciemment. Le pire était cette fichue culpabilité de n'avoir pas été à la hauteur de ce que l'Univers attendait de moi. Quel paradoxe!


Mais vous savez, tout était dans mes illusions. Absolument tout.


Parce que mon coeur ne m'a jamais abandonné, lui. Il a toujours été à mes côtés à me souffler les directives avec une patience exemplaire.


J'étais juste souffrante parce que j'étais aveugle et sourde mais surtout entêtée.


Il faut tenir bon. Il ne faut pas se battre en sortant les armes mais plutôt les déposer.


Il faut se détacher de l'emprise en ouvrant son cœur et son esprit le plus grand possible car l'un ne va pas sans l'autre.


L'amour fait mal, certes, mais 4 millions de fois moins que de ne pas s'accorder le droit d'


Être aimé


Vous savez, ce n'est pas aimer qui est le plus difficile. Le plus ardu est de se pardonner assez profond pour accepter d'être aimé


de Soi


Avec amour et compassion


Véronique.








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